Le président du conseil de surveillance de Deutsche Bank, Alexander Wynaendts (gauche) et le président du directoire Christian Sewing (droite) lors de l'assemblée générale des actionnaires à Francfort, le 28 mai 2026 ( AFP / Hannes P. Albert )
Les représentants d'actionnaires de Deutsche Bank ont appelé jeudi à une stricte discipline des coûts dans un contexte incertain, tout en critiquant la forte augmentation de la rémunération du conseil de surveillance, lors de la première assemblée générale du groupe à Francfort en présentiel depuis cinq ans.
Après un exercice 2025 marqué par un bénéfice net record supérieur à 6 milliards d'euros, la gestionnaire de fonds Alexandra Annecke, d'Union Investment, a salué la sortie de crise de la banque au logo bleu, autrefois qualifiée de "colosse aux pieds d'argile", frappée par des scandales financiers à répétition.
Mais elle a appelé à la prudence face aux effets de la guerre au Moyen-Orient. "Maîtriser les coûts réduit la dépendance à l'environnement macroéconomique", a-t-elle insisté.
Comme cette dernière, Andreas Thomae, du gestionnaire de fonds Deka, a dénoncé la hausse de 47% de la rémunération du président du conseil de surveillance, Alex Wynaendts, à 1,4 million d'euros, un niveau jugé "clairement trop élevé" et qui envoie "un mauvais signal tant en interne qu'au public".
Ils ont annoncé qu'ils voteraient contre cette proposition devant environ un millier d'actionnaires présents, un chiffre bien inférieur aux assemblées générales passées.
En marge de l'assemblée, quelque 200 personnes ont manifesté à l'appel du syndicat ver.di, en pleine négociation salariale chez la filiale Postbank, dont les salariés réclament une hausse de 8%, avec un minimum de 300 euros mensuels, a constaté l'AFP.
Face à l'augmentation de près de moitié de la rémunération du président du conseil de surveillance, Michael Görgen, 47 ans, président du comité d'entreprise de Deutsche Bank à Cologne (ouest), a dénoncé un partage "injuste" des rémunérations, tandis que la proposition salariale de l'employeur pour le personnel équivaut, selon lui, à une perte de pouvoir d'achat.
Interrogé par l'AFP, Jürgen Gelzenleuchter, 64 ans, ancien salarié du groupe bancaire aujourd'hui à la retraite, regrette que la hausse du dividende et du cours de l'action sur un an se fasse "au prix de suppressions d'emplois et de fermetures d'agences".
La banque dirigée depuis 2018 par Christian Sewing, recentrée sur l'Europe et moins exposée aux activités risquées de banque d'investissement, entend désormais "passer de la défense à l'offensive", selon son patron, avec des objectifs d'ici 2028 incluant un rendement des fonds propres supérieur à 13% et un ratio de coûts inférieur à 60%.
Le repli du titre de 14% depuis le début de l'année traduit toutefois le scepticisme des marchés.
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